Depuis le 8 juin, j’ai pour habitude de publier, tous les 2 mois, une nouvelle photo comparative pour que vous puissiez voir l’évolution de ma barbe et de mes cheveux. Pour rappel, j’ai décidé de ne plus me raser ni me couper les cheveux jusqu’à la fin de ma traversée de l’Inde à pied.

Et à chaque fois, j’ai le droit aux mêmes commentaires : « t’as l’air figé à gauche », « où est passé ton sourire ? », « c’est mieux à droite », « le regard est plus ouvert maintenant », etc.

Pourquoi donc est-ce que je semble tirer la gueule sur cette photo ?

Les raisons : fatigue, mais surtout colère et frustration.

La photo a été prise au point de départ (imposé) de mon aventure, à Hargam, dans la Nubra Valley. Mais avant d’y arriver, il m’a fallu surmonter quelques obstacles.

1/ un réveil matinal, à 5h30, après 2 heures de sommeil. Pas de quoi récupérer de la soirée arrosée pour fêter mon départ.

2/ cinq heures dans une jeep bondée sur la route carrossable (mais défoncée) la plus haute du monde, avec le passage du Khardung La à 5.400m d’altitude.

3/ une heure de stop en plein soleil, avant de voyager debout à l’arrière d’un pick-up avec l’équipe locale de cricket.

4/ encore une heure de marche avant de rejoindre Hargam.

5/ et le point final : me faire arrêter par l’armée et me faire interdire d’aller plus loin ; c’est-à-dire 60 km avant le glacier de Siachen qui sépare l’Inde du Pakistan, point de départ initialement prévu. Le coup de massue ultime quand on décide de voyager à pied pour se sentir libre, et qu’on se fait stopper dans son aventure pour des raisons politico-administratives… La haine !!