Manali (Inde) – le paradis des fumeurs de cannabis

La première chose que l’on remarque quand on arrive à Manali – surtout quand on vient de passer 4 mois comme moi au Ladakh où tout n’est que rocaille – c’est la verdure. La ville située à 2.000m d’altitude et posée à flan de montagne (dans l’état de l’Himachal Pradesh) est entourée de cascades et de forêts. La faune est extrêmement riche. On trouve des chênes, des pins bleus, des cèdres de l’Himalaya, des sapins des épicéas, et – en tant que normand je n’ai pu passer à côté – des pommiers, surchargés en cette saison de pommes bien rouges.

Mais comme le fait très justement remarquer Paul Volfoni (interprété par Jean Lefebvre) dans Les Tontons Flingueurs : « Vous avez beau dire, y’a pas seulement que d’la pomme. Y a aut’chose »

Et il a bien raison le Volfoni. Car à Manali y a aussi… du cannabis. Beaucoup de cannabis ! Et qui pousse naturellement à l’état sauvage (en plus des nombreux champs clandestins plantés par les fermiers et les trafiquants).

La défonce au coeur des montagnes 

Si de décembre à février, Manali – qui est une station de ski à la mode – attire les indiens les plus fortunés qui veulent s’initier au plaisir de la glisse, le reste du temps elle attire les hippies et les fumeurs de haschich du monde entier. Le charas que l’on trouve ici est réputé pour être le plus pur du monde.

Toute l’économie locale semble tourner autour du shit. Dans les boutiques, aux emplacements les plus visibles on trouve toute la panoplie du fumeur : papier, shiloms, pipes à eau, brosses pour nettoyer les pipes, et même des filtres en carton pré-découpés. Si vous vous attardez ou si vous achetez l’un de ces articles, vous pouvez être sûrs que le commerçant vous proposera du haschich.

Ici, tout le monde en a, et tout le monde en vend. Même les p’tites grands-mères dans les villages vous en proposeront. Elles vous montreront d’énormes boulettes qu’elles planquent dans leur soutien-gorge. Véridique !

Un soir au restaurant, un couple de français avec leur fils de 12-13 ans étaient assis à la table d’à côté. Le père et le jeune garçon jouaient aux échecs en buvant du Red Bull sur fond de musique électronique. Soudain, à ma grande surprise, le père se roule un joint qu’il fume devant son gosse… normal ici. D’ailleurs, dans les restaurants et dans les bars, tout le monde roule et fume son pétard aux yeux de tous. On peut laisser ses 10g de shit sur la table, ça ne choque personne.

Ce que dit la loi indienne à propos de l’usage des drogues

En Inde, l’usage et la possession de cannabis est interdite. Mais il semblerait que les autorités ferment les yeux pour Manali et toute la région (vallée de la parvati).

Sachez toutefois que vous risquez comme même entre 6 mois et 20 ans de prison. Que la liberté sous caution n’existe pas, et que l’attente du procès peut être très long.

Documentaire de France 24 : Himalaya – la vallée du cannabis

Petit lexique

– Cannabis : Plante qui selon la variété est soit du « chanvre agricole » exploité pour ses fibres, soit du « chanvre indien » exploité pour ses effets psychotropes.

– Haschich  ou shit : résine de cannabis.

– Charas : Nom donné au haschich fait dans les régions du Pakistan, de l’Inde, et du Népal.

– Shilom : Pipe à haschich. Souvent en bois de forme légèrement conique.

– Joint : Cigarette roulée à la main et contenant du cannabis (sous forme de résine ou d’herbe).

– Pipe à eau : Appelé aussi bang, elle sert à fumer du haschich. L’eau refroidit la fumée et permet ainsi d’en inhaler une plus grande quantité en une seule bouffée.

Bon allez, je vous laisse. Je vais m’en rouler un ;-)

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